Action Comics 775

act775

Action Comics 775 « What’s so Funny about the Truth, Justice & the American Way » (référence au titre:  (What’s So Funny ‘Bout Peace, Love, and understanding sortie en 1970) par Joe Kelly, notamment connu chez Marvel pour avoir travaillé sur Deadpool, est un one-shot reprenant les bases de ce qui fait l’essence de Superman. Les fans et les critiques s’accordent à dire que c’est un numéro réussi et qu’il fait partie des comics à lire absolument si on veut comprendre et apprécier le personnage de Superman. Voyons s’il est à la hauteur de sa réputation.

Une nouvelle équipe de Super-Héros est arrivée sur Terre et opère dans le monde entier. Cependant, cette équipe n’est pas comme la Justice League, les Titans ou les autres teams conventionnelles. Non, The Elite n’arrête pas les vilains pour les envoyer à Arkham ou en prison mais elle les assassine des manières les plus violentes et impressionnantes possibles. Le leader de l’élite est Manchester Black, un personnage charismatique et dont on ne connaît pas grand-chose. Il est accompagné de Menagerie, Hat Coldcast et Bunny, tous de puissants Meta-Humains qui suivent Black et partagent ses convictions.

Bien entendu, leurs méthodes divisent. Une partie de la population est choquée par ce genre d’actions tandis que les autres trouvent que Superman aurait dû employer cette méthode depuis longtemps. L’homme d’acier, lui, est bien entendu contre cette façon de faire et va tenter de confronter les nouveaux « héros » pour tenter de les raisonner. Leur première rencontre se fera à Tripoli alors qu’ils viennent d’exécuter un de leurs ennemis.

The Elite est bien évidemment une réponse au comic-book The Authority par Warren Ellis et Bryan Hitch. Cette série reprenait des personnages de Stormwatch dont la plupart des héros avaient été créés par Ellis. Ils formaient une équipe s’occupant de manière violente et expéditive des menaces qui planaient sur la Terre comme par exemple une invasion extra-terrestre.

La comparaison entre The Elite et The Authority est plutôt facile à faire. En effet les deux équipes arrivent d’à peu-près nulle-part et se font très vite connaître grâce (ou à cause) de leur méthodes musclées qui vont à l’encontre de tout ce que Superman croyait. Ils tuent leurs adversaires pour éviter que ceux-ci ne reviennent encore et encore, et les différentes exécutions ne se font pas de manière très propre. Cela va bien entendu à l’encontre de tout ce à quoi croit Superman qui essaye, lui, d’éviter d’en arriver à cette solution.

wake up

Je n’ai, à titre personnel, pas lu The Authority (et je n’ai pas l’intention de le faire) justement à cause de cette violence que je considère un peu gratuite (c’est aussi pour cette raison que je déteste quasiment tous les « travaux » de Mark Millar).

La principale force de ce numéro est le respect évident de Joe Kelly envers les valeurs super-héroïques et par extension à Superman.  Beaucoup se plaignent que Superman est un « boy-scout » (souvent après avoir lu Batman le dire à Clark dans Silence) et qu’il est beaucoup trop lisse pour être un bon personnage. C’est selon-moi tout ce qui fait la force de Superman. Oui, il est un personnage surpuissant qui peut faire absolument ce qu’il veut de ses ennemis mais ce n’est pas l’aspect le plus intéressant de sa personnalité. En effet Superman est un héros proche des gens, il incarne l’espoir et inspire les enfants. Mais un héros qui tue ses ennemis directement peut-il provoquer l’inspiration ? C’est tout ce que Kelly essaye de nous faire comprendre dans ce numéro. A force de voir les actions de l’Elite les gens questionnent leur propre morale en se demandant si, en effet, tuer les ennemis ne serait pas la bonne solution. Une des scènes fortes du numéro se produit lorsque Superman passe à l’endroit où plusieurs enfants jouent à Elite vs Superman alors qu’un des gosses refuse de jouer le rôle du Man of Steel sous prétexte que l’Elite peut le tuer mais que lui ne peut pas. Cette scène résume à elle seule le dilemme moral auquel fait face Clark pendant cette histoire. Clark demandant conseil à son père est aussi un moment important et terriblement bien écrit, on ressent à la fois la détresse de notre héros et la sagesse du père qui n’a pas honte de dire qu’il n’a pas les réponses à toutes les questions. Un moment assez touchant et qui montre encore une fois que Superman est bien plus qu’une masse de muscle.

On pourrait pinailler en disant qu’on voit la fin venir à partir de la moitié du numéro c’est-à-dire le moment où Clark décide de prendre les choses en mains. Mais cette conclusion reste cohérente par rapport aux valeurs du personnage et un dénouement différent l’aurait quelque peu dénaturé. Mais Kelly réussit à nous surprendre en incluant un petit twist (que je ne dévoilerais pas bien entendu).

La partie graphique est assurée par Doug Mahnke et Lee Bermejo qui réussissent à donner un coté Punk/anarchique façon 2000 AD à l’histoire (l’Elite se prêtant parfaitement à ce style). Le seul véritable défaut que je pourrais trouver aux dessins concerne le design de Superman qui ressemble à une parodie à l’extrême de boxeur américain, qui peut donner un petit effet comique à certaines scènes. Mais, passé ce détail, l’ensemble reste plutôt solide.

1339012985_superman-contre-lglite-french-dvdrip

En 2011 DC a sorti une adaptation animée écrite et quelque peu modifiée par Joe Kelly lui-même. On note quelques changements dans l’histoire notamment avec l’apparition prématurée de Vera Black (la sœur de Manchester qui n’apparaît pas dans Action Comics 775 mais bien plus tard) qui joue un certain rôle dans l’affrontement entre Superman et son frère. C’est la seule partie que je n’ai pas vraiment apprécié dans ce film. En effet j’ai trouvé que faire intervenir un personnage pour aider le héros diminuait légèrement l’impact de sa « victoire » et que ce n’était pas vraiment nécessaire. Mais outre ce petit défaut le film respectait plutôt bien l’œuvre d’origine et le doublage était de bonne qualité avec un Robin Atkin Downes qui faisait honneur au personnage de Manchester.

« What’s So Funny About Truth, Justice & the American Way » s’adresse aussi bien aux fans de Superman  qu’à ceux qui ne l’apprécient pas ou peu. En effet, il permet de réfléchir sur l’influence que peut avoir Superman aussi bien dans le monde de DC que sur les lecteurs. Bien que sorti en 2001, il est intéressant de noter que ce numéro est encore d’actualité dans ce qu’il dénonce. En effet on retrouve cette violence ou cet assombrissement du personnage dans les interprétations modernes de Superman que ce soit dans les New 52 ou au cinéma avec Man of Steel (non, promis, je ne reviens pas là-dessus). Ce comic-book est encore trouvable d’occasion sur les sites d’enchères pour pas très cher ou bien dans l’Anthologie Superman et si vous avez l’occasion, n’hésitez absolument pas à vous le procurer.

Bxfml2v

 ~Cyborgwolf

Partager Share

Laisser un commentaire

Facebook

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>