Archie volume 1

Archie4RenaudVar

Je ne comprends pas Archie , et pour être honnête je n’aime pas tellement le personnage. Je ne l’apprécie pas car il représente selon moi le coté ennuyeux et puritain de l’Amérique et je ne comprends pas comment cet éditeur peut-être encore en vie avec si peu de ventes pour des titres comme le reboot de Sabrina l’Apprentie Sorcière version dark (et oui, il y aura une review) ou à peu près 200.000 titres dérivés de Archie dont un où Riverdale fait face à une invasion de zombies. J’ai bien entendu tenté d’apprécier à plusieurs reprises en achetant certaines aventures mais rien n’y faisait, Archie n’était pas pour moi.
Pour ceux qui ne le connaissent pas du tout, Archie est un personnage créé en 1941 par John Goldwater éditeur de Archie Comics et accessoirement l’une des personnes à l’origine du Comic Code Authority. Le comics a d’ailleurs été publié par un éditeur de comics chrétiens pendant un court laps de temps.
En France on connaît surtout Archie pour la série « Archie Mystère et Compagnie » un dessin animé où il devait faire face à différents monstres.
Alors quand le président de Archie Comics a annoncé un reboot de la série je n’en avais bien évidemment rien à faire mais l’annonce de Waid et Staples sur la série a fini par m’intriguer et me faire lire la série.


La série reboot totalement « l’univers » d’Archie en reprenant son histoire au presque début tout en modernisant les situations. On commence alors que Archie et Betty viennent de rompre à cause d’un incident entre les deux. Cette situation nommée « #LipstickIncident » sera suffisamment grave pour que les deux n’osent même plus s’adresser la parole.
C’est aussi à ce moment là que Veronica arrive et va chambouler la vie du héros principal. Il tombera amoureux d’elle presque aussitôt et elle en profitera pour en faire son esclave personnel (Elle a le droit puisqu’elle est riche). On retrouve bien entendu tous les personnages classiques comme Reggie, Jughead et tout le lycée de Riverdale.
Le premier tome est donc divisé en deux : La partie plus centrée sur la difficile relation entre Archie et Betty et la seconde avec l’arrivée fracassante de la gosse de riche qui semble absolument insupportable.

Il faut bien l’admettre, et cela fait encore bizarre de se dire ça mais, Archie est absolument génial !
On pourrait croire que ce comics ne serait qu’une version modernisée de Archie sans grande évolution et dans un sens c’est le cas. Les problèmes que rencontrent les personnages ne sont en soit pas très graves. On reste presque dans des péripéties similaires à ce que connaissait Archie par le passé. Le personnage est maladroit, se fait manipuler par les filles autour de lui et vit des aventures personnelles qui semble invraisemblables. On reste après tout dans une bande dessinée et dans un monde que l’on pourrait qualifier d’utopique même si tout ceci a été modernisé.
Il est vrai que le premier épisode ne rassure pas vraiment sur certains point. Alors que tous les passages parlant de la rupture sont très bien écrit on sent qu’on retombe dans les vieux travers des films romantiques avec l’implication des amis pour que les deux tentent de se remettre ensemble. Heureusement ce passage ne dure qu’un numéro et se fini de manière vraiment intelligente et plutôt inattendue.
Mais le passage le plus important et le plus fort de ce comics est le fameux Lipstick Incident. Je ne vais bien entendu pas dévoiler ce qu’il en est car c’est le fil rouge de la première partie de l’aventure mais il est malgré tout important d’en parler car c’est probablement le meilleur passage de ce comics.
Tout dans cette partie sonne juste. L’élément déclencheur est crédible et quand on voit les réactions des personnages on y croit. Cela rend Betty et Archie encore plus humains, il est en effet difficile de rejeter entièrement la faute sur l’un ou l’autre des deux ados et leurs réactions et moral après la rupture est encore une fois vraiment crédible, et le lecteur qui aura subit une rupture ou un sujet pourra probablement se reconnaître.

1

On peut y voir en quelque sorte une critique légère de la société et de la pression sociale que subissent les plus jeunes. Pour autant Waid nous fait aussi comprendre qu’il serait trop facile d’uniquement accuser les autres sans se remettre en question. Qui a tort au final ? On ne peut pas vraiment dire, le lecteur décidera selon son propre ressenti et son expérience.
La seconde partie est un peu plus classique et on repart sur du Archie « banal » avec le fameux triangle Betty – Archie – Veronica. Cependant ce n’est pas un mal puisque l’humour fait mouche et qu’on se prête à sourire à certaines situations. Waid a aussi gardé un trait classique de Archie : Les monologues narratifs qui permettent de raconter l’histoire sans abuser sur l’utilisation des cartouches.
On sent que l’auteur modernise Riverdale et ses habitants tout en adaptant le tout à notre époque et, il est certain que ça ne plaira pas aux « vieux » lecteurs mais ça permet aux nouveaux ou ceux qui n’aimaient pas le personnage de s’y plonger sans difficultés.

arcC’est Fiona Staples qui est en charge des dessins jusqu’au numéro #5 inclus et son travail de modernisation des personnages marche à merveille. Fini le Archie au look ridicule et les femmes qui ressemblaient à des personnages pin-up des années 50 (ce qui correspondait au final au ton de la série). Ici bien que tous les protagonistes soient « parfaits » pour presque sortir d’une série CW (ça tombe bien…) ils restent un temps soit peu réalistes tout en étant fidèle au look d’origine sur les traits physiques. Les deux derniers numéros du tome sont dessinés par Veronica Fish et même si on sent qu’elle n’a pas le talent de Staples, le tout reste quand même de très bonne facture.

Le tome 1 d’Archie est donc une vraie surprise qui arrive à marier modernité et certains aspects rétros d’une franchise à la base sans grand intérêt. Pour peu que le lecteur soit adepte des séries teens/romances il y trouvera son compte. On peut aussi se demander ce que réservera le future de la série et si il sera possible de lui faire prendre un virage un peu fantastique au bout de quelques arcs histoire de diversifier l’histoire.

Partager Share