Chilling Adventures of Sabrina

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Pour parler de la série, un peu d’Histoire s’impose. En effet, avant d’être une série télé, Sabrina l’apprentie sorcière était un comics sous le label Archie Comics avec Archie apparaissant parfois dans les aventures de Sabrina et vice versa. La jeune sorcière qui habitait avec ses 2 tantes et son chat Salem devait faire face à ses tracas affectifs tandis qu’elle apprenait à maîtriser ses pouvoirs et résolvait des problèmes magiques plus ou moins horrifiques.
Bien qu’étant un peu plus « fun » que Archie, je n’ai jamais trouvé grand intérêt à lire les aventures de Sabrina. J’ai bien sûr regardé la série télé avec Melissa Joan Hart au début des années 2000 (on a tous le truc honteux qu’on regardait quand on était gosse, me regardez pas comme ça !) mais ça s’arrêtait là.
Mais comment un retour de la série pouvait alors m’intéresser ? La réponse est simple : en pétant complètement un câble et en sortant une série qui est devenue de l’horreur pure. Et dans un monde où les comics deviennent de plus en plus aseptisés pour éviter de choquer telle ou telle personne on peut dire que l’idée est bienvenue. Reste à savoir si la série est bonne.

L’histoire commence en 1951, Edward Spellman est un sorcier puissant qui a décidé de se marier à une mortelle, ce qui, combiné à la tentative de sa femme de sauver leur enfant d’un sacrifice voué à invoquer le diable en personne, attise la colère du couvent local. Sabrina sera finalement confiée aux deux sœurs d’Edward, Hilda et Zelda qui doivent s’occuper de l’enfant et la faire devenir une sorcière.
Les années passent et Sabrina maintenant à l’aube de son seizième anniversaire doit jongler entre sa vie d’adolescente et sa vie de sorcière. Elle est d’ailleurs grâce à son sang mêlé (mudblood !) l’une des rares sorcières à pouvoir choisir si elle va vivre comme une mortelle ou devenir une sorcière à part entière.

006C’est aussi à ce moment que la promise de son père, qu’il a abandonnée pour la mortelle décide de faire son retour en grande pompe pour se venger de son ex amant par l’intermédiaire de sa fille.
Sabrina va donc devoir faire face à un puissant ennemi tout en faisant un choix qui changera sa vie à jamais et qui aura dans tous les cas des conséquences dramatiques.

Roberto Aguirre-Sacasa qui opère déjà sur Afterlife with Archie nous livre ici un travail « comics d’horreur » efficace.
On a ici droit à un mélange de soap opéra classique avec l’histoire d’une adolescente typique de 15/16 ans dans les années 60 qui découvre l’amour et la vie de lycée mélangée à une histoire résolument horrifique. Tout ici est fait pour mettre le lecteur mal à l’aise. L’ambiance est oppressante et malsaine au possible grâce à un retour aux sources du mythe des sorcières aux États-Unis. Fini le coté glamour vendu dans les films avec des sorcières de toute beauté. Ici, bien qu’elles ressemblent à des femmes normales dans la plupart des cas, elles ont aussi un côté sombre qui nous les montre ressemblant tout simplement à des monstres (on avait déjà eu un aperçu de cette face cachée dans Afterlife with Archie).

2Les personnages ont, pour la plupart, à l’exception de Sabrina qui reste une jeune fille naïve qui découvre la vie, un fond mauvais. Les tantes sont tout simplement démoniaques et incapables d’éprouver la moindre sympathie ou émotion humaine tandis que même les mortels sont décrits comme pervers, intéressés ou tout simplement mauvais dans l’âme. L’auteur fait d’ailleurs preuve d’un certain sadisme puisque beaucoup de personnages vont être amenés à souffrir d’une manière ou d’une autre.
Ces différentes situations sont appuyées par un humour grinçant qui rappelle que la morale dans ce monde peut être corrompue ou tout simplement inexistante. Cet humour est d’ailleurs présent dans les différents caméos des personnages de l’univers Archie comme Betty et Veronica qui sont malgré elle à l’origine d’un bon nombre de problèmes auxquels Sabrina devra faire face.

L’ambiance malsaine est appuyée par des dessins de Robert Hack qui réussit à offrir une atmosphère horrifique à la série. Cette ambiance est renforcée par une colorisation terne si c’est n’est à certains moments complètement assombrie et un ton jaunâtre qui rappelle bien entendu Halloween. Malgré tout, la colorisation n’est pas sans défaut puisque certains personnages semblent avoir des « glitchs » de colo qui leur donne un aspect encore plus étrange (et je doute que ce soit voulu).

4Vous l’aurez très certainement compris, Chilling Adventures of Sabrina n’est pas à mettre entre toutes les mains. C’est un comics sombre, malsain, cynique et souvent cruel qui n’hésite pas à donner dans le gore tout en jouant avec les symboles occultes. Et c’est ce mélange entre tranche de vie d’une ado des années 60 et film d’horreur des années 80 qui rend ce comics absolument indispensable pour tout fan d’Horreur.
Roberto Aguirre-Sacasa qui œuvre déjà sur Afterlife with Archie (dont j’essaierais de vous reparler à l’occasion de la sortie de la série « Riverdale ») nous prouve que l’univers horrifique de Archie Comics est une bénédiction et que Archie Comics nous propose en fait des bandes dessinées de qualité lié à l’univers Archie.

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