DC Universe: Rebirth #1

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Lorsqu’en Février dernier DC Comics annonçait son prochain event nommé DC Universe: Rebirth beaucoup étaient sceptiques quant à ce que cela pouvait apporter. En effet Convergence avait été une catastrophe qui ne résolvait rien et DC You était un échec total aussi bien en termes de vente que de qualité. Alors pourquoi Rebirth serait différent du reste ? Pourquoi DC réussirait cette fois-ci à captiver le lectorat tout en évitant de l’insulter ?
Tout simplement par une remise en question qui commence par regarder ce qui a été fait durant ces 11 dernières années et comprendre ce qui a.
DC a enfin compris que la compagnie continuait comme ça ils finiraient comme Diana en 1997. « And thus DC Universe Rebirth happened ».
Il est évident que cette review va contenir des spoilers directs donc je vous invite à revenir après avoir lu le numéro ou à rester à vos risques et périls.

Tout le numéro est basé sur la réapparition de l’original Wally West qui depuis Flashpoint est coincé dans la Speed Force qui le rend intangible et invisible aux yeux du monde sauf pour quelques rares instants.
Wally va donc traverser le New DC Universe durant tout le numéro afin de faire en sorte que les personnages de ce monde se souviennent de lui pour qu’il puisse revenir « à la vie » (par le pouvoir de l’amour ?). Cependant il disparaît un peu plus à chaque échec au risque d’être totalement absorbé par la « force véloce ». Tout le numéro va se concentrer sur sa tentative de survie et nous faire l’état des lieux de l’univers « Earth Prime ». Wally nous explique ce qui ne va pas comme certaines relations qui devraient exister entre certains personnages qui ne se connaissent pas. Il croise d’ailleurs certains personnages qui lui sont chers dans sa tentative de revenir parmi les vivants.
L’histoire principale est entrecoupé de passages où Johns tease assez grossièrement l’implication de l’univers Watchmen (car maintenant c’est un univers à part entière). On ne verra pas les personnages directement mais on commence à comprendre leurs implications dans l’histoire.

Ayant la lourde tâche de sauver un univers bancal et sans identité propre, Johns tente ici de nous redonner de l’espoir et de faire en sorte que les héros de DC nous paraissent un peu plus sympathique par rapport aux 10 dernières années. Et c’est une réussite quasi totale. L’arrivée de Wally dans l’univers nous prouve que DC est prêt à faire des efforts pour redonner les personnages qu’ils aiment aux « vieux » fans tandis qu’il nous fait comprendre que la période sombre de la compagnie semble toucher à sa fin, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Johns aime les personnages de DC et plus particulièrement Flash et ça se sent à la lecture. Il est en effet surprenant et heureux de voir le retour de certaines icônes du passé qui auront très certainement un rôle plus développé dans le futur.
Mais c’est réellement Flash qui brille ici. Non seulement le retour de Wally West est bienvenue et subtilement écrit mais il fait directement écho à l’event Crisis on Infinite Earth où Barry était un élément clé de l’histoire.
De plus la justification de l’autre Wally (Earth Prime) est, sans être d’une intelligence folle plutôt bienvenue et permettra la cohabitation des deux si cela devait arriver. Le retour de Wally est donc une réussite et on a hâte de voir ce que cela va donner.
Il est cependant important de relativiser. En effet bien que toute la partie sur le retour de Wally soit très bien écrite et laisse supposer un avenir plus radieux pour l’éditeur il n’en reste pas moins que le numéro est entaché par certaines choses.

Pourquoi? Parce que la vie est une pute

Pourquoi? Parce que la vie est une pute

Tout d’abord Johns nous prouve deux choses : Il est incapable de faire un event sans tuer un personnage tout à fait gratuitement. On pouvait le voir la semaine dernière dans le dernier numéro de Justice League où Metron et Owlman mourrait en deux panels tandis que cette fois c’est Pandora qui fait les frais des tendances meurtrières de notre bon vieux Geoff Johns. Et cela soulève un second problème : Mais à quoi servait ce personnage ? Oui on bien eu une série sur elle puis un event « Trinity War » qui la concernait mais pour un personnage qui devait être à l’origine de tout le mal (mais en fait pas trop) c’est un peu léger. Surtout pour au final la tuer comme le vulgaire personnage secondaire sans intérêt qu’elle est très certainement.
C’est dommage, gratuit et ça n’apporte rien comme souvent avec les meurtres de héros chez DC.

watchmen

Le second problème est d’ordre « éthique ». Comme vous le savez maintenant les héros de l’univers Watchmen font parti intégrante de l’univers DC en général et Dr Manhattan serait à l’origine de la création de l’univers New 52/Earth Prime et responsable de l’ambiance pas super cool qui y règne. Et on peut y voir une certaine hypocrisie de DC qui blâmerait les Watchmen (et donc Alan Moore) pour avoir instauré une ambiance jugée « dark » dans les comics tout en oubliant qu’il n’est pas le seul à avoir fait ça. En effet Marvel avait de son coté Daredevil par Frank Miller et DC eux publiaient The Dark Knight Returns et Batman Year One qui ont eux aussi contribué à rendre le média plus adulte. DC a d’ailleurs continué d’abuser de cette pratique dès le milieu des années 2000 avec Identity Crisis qui en étant un bon event reste d’une violence assez peu recommandable puis avec divers event comme Cry For Justice (oui, ça m’a traumatisé) ou plus récemment l’abominable Forever Evil ou Futures End qui me laissait penser que DC allait mourir très rapidement.
Je fais peut-être de la suranalyse ou je deviens parano mais tout ceci en plus d’être une justification facile de tout ce qui arrive chez DC me semble être un bon gros doigt pas mérité tendu à Alan Moore.

Vous l’aurez compris, DC Universe Rebirth #1 est un bon numéro qui laisser présager d’un futur un peu plus léger et lumineux pour DC tout en étant une preuve de l’amour de Geoff Johns pour le DC Universe. Les quelques questions que le numéro laisse en suspend n’entachent rien la lecture et même si on peut trouver la justification au mieux étrange force est de constater qu’on sort de celui-ci avec du soulagement « DC a pas merdé ce coup-ci ».

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