Deadly Class #1-3

Bon, je dois dire en préambule que j’ai, personnellement, un rapport un peu compliqué avec le taf de Remender. Autant j’ai pu l’apprécier sur des séries comme Gigantic, Captain America de marvel now ou encore sa géniale X-Force, autant je ne lui ai par exemple toujours pas pardonné son run sur le Punisher (Frankencastle bon dieu), ou la mauvaise Uncanny Avengers. C’est donc avec une certaine circonspection que j’ai décidé d’essayer, il y a 3 mois, la nouvelle série Deadly Class qu’il lance chez Image avec aux crayons l’artiste Wes Craig (que vous avez pu voir récemment sur quelques OS de Legends of the dark knight ou encore plus brièvement sur le premier annual de Flash).


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Deadly Class, c’est avant tout l’histoire d’une époque, la fin des années 80, et surtout de l’homme qui la domine, le président Reagan. La figure de cet homme politique est, dès le début de la série, obsédante (voire même dès la cover qui, à côté d’Image et du prix, porte la mention « 1987 ») et déterminante puisqu’en quelques pages l’auteur nous montre avec économie et talent qu’elle définit à la fois le passé, le présent et le futur de Marcus, le jeune héros de la série. On découvre en effet dès le début de la série le statut de réfugiés nicaraguayens de la famille du héros, contrainte à l’exil sous peine d’exécution de la part des Sandinistes, la C.I.A. ayant piégé le père de Marcus en le mouillant avec les Contras (ne flippez pas tout de suite, je vous jure que Deadly Class a pas qu’un cours de politique nicaraguayenne à offrir) . Le passé du personnage est donc directement défini par les manipulations politiques de Reagan en Amérique du Sud. C’est ensuite la mort des parents du héros, écrasés par le corps d’une malade mentale suicidaire qui saute du Golden Gate, qui pousse notre jeune Marcus à connaître la difficile vie de SDF dans laquelle on le retrouve au début de la série. Depuis la libération de la malade suicidaire, due à des coupes budgétaires drastiques dans le domaine de la santé, jusqu’à la vie misérable que mène le héros, c’est encore une fois la politique personnifiée par Reagan qui dicte le cours de la vie du héros (je vous parlerai du futur plus tard).dc3

Mais bon, arrivé là, vous vous dites probablement que Deadly Class consiste en simple brûlot anti-libéral, ou pire à l’exposition pathétique et chiante de la vie d’un adolescent SDF. Et bien non, car après cette digression sur l’ambiance (nécessaire à mes yeux pour définir la série), je vais vous parler maintenant de ce qui fait le fond de l’intrigue de la série. C’est au moment où l’on retrouve notre héros au plus bas, littéralement au bord du suicide (tiens j’avais pas pensé à l’importance de la verticalité dans la mort dans cette série, à creuser) que les choses vont s’emballer pour lui. Chassé par la police pendant un carnaval, Marcus est sauvé in extremis par une bande de jeunes mystérieux acrobates et leur vieux professeur moustachu (ouais, vous la sentez la référence aux X) : il est dès à présent élève de la Kings Dominion school of the deadly arts. C’est donc la vie de Marcus dans cette école d’assassins que l’on suit dans les issues 2 et 3 de la série, entrecoupée de flash-back mettant en scène l’errance du personnage. Le talent de l’auteur, sur ces trois issues, est de parvenir à mêler avec humour les éléments archétypaux des séries teen avec l’ambiance plus personnelle de son école de tueurs. On retrouve ainsi des cours tels que Assassin Psychology, Hand to hand combat ou le mystique Ap black arts (dont Marcus aura bien besoin pour réaliser son objectif d’assassiner le président Reagan, rien de moins), et des clans d’élèves les rattachant à une hérédité violente : le clan des enfants de néo-nazis, de gangs afro-américains, de cartels sud-américain…etc. La caractérisation des personnages évolue perpétuellement entre le stéréotype parodique et un resserrement sur les personnages qui les montrent plus originaux qu’on ne pourrait le penser de prime abord. Dans la même optique, le ton de la série évolue entre une description de l’école et de son microcosme assez « humoristique » (mais un peu acide tout de même), et un côté dramatique fort lors des moments de tensions auxquels est soumis le héros, tout comme dans les flash-back. En bref, c’est original mais référencé, drôle mais acide, intimiste mais avec ses scènes d’action…Remender, pour notre plus grand bonheur, est à la synthèse des contradictions pour une série qui commence très fort !dc4

Au niveau des dessins, l’artiste Wes Craig assure le travail avec efficacité. En effet, dans un style assez pulp, qui ressemble un peu au taf de Biukovic sur Human Target, le dessinateur nous offre des planches bien découpées, qui alternent bandeaux à l’horizontalité dynamique et petites cases unicolores qui zoom sur des détails essentiels de l’action. L’ensemble est attachant, agréable à l’œil, et bien servie par une coloration utilisée de manière pertinente, dans le sens où elle colle à la situation lumineuse ou temporelle du moment. Un bon point, indéniablement.dc2

Deadly Class, c’est à la fois la réconciliation avec Remender pour ceux qui, comme moi, le boudaient, c’est une utilisation intéressante des codes des séries teen, c’est un propos politique assez inédit et bien amené, c’est l’ambiance années 80, en bref c’est ultra cool et les lecteurs VO se doivent de tenter la série. Assurément, pour moi, le meilleur démarrage Image de ces derniers mois.

Simon

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