Deadpool : la critique

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Premier film de super-héros de l’année ( il y en aura huit cette année ) Deadpool , produit par la Fox détentrice des personnages de la saga X-men , et réalisé par Tim Miller dont c’est le premier film en tant que réalisateur et porté par le très impliqué Ryan Reynolds. Deadpool est un personnage crée par Rob Liefeld en 1991 qui se caractérise par sa capacité à briser régulièrement le quatrième mur , étant  donné qu’il est ( tout comme She-Hulk ) conscient qu’il est un personnage de comics. La teneur de ses aventures étant souvent remplie de violence et d’ironie, et son personnage est toujours à deux doigts de sombre dans la folie, à cause de sa schizophrénie. Rien de bien grand public tout ça, et pourtant il s’agit de la seconde apparition du personnage au cinéma.

En 2009 sort X-men origins Wolverine censé raconter les origines de Wolverine, et sur sa route il croise plusieurs mutants dont un ersatz de Deadpool, sans son costume, ses pouvoirs et surtout sans tout l’aspect subversif du personnage. Pire lors du final Deadpool est transformé en rat de laboratoire , dont la bouche est littéralement cousue ! Connaissant l’aspect bavard du personnage, l’affront est de taille pour le public qui boude très largement le film.

C’est finalement lors d’une fuite d’une vidéo test d’un hypothétique film centré uniquement sur le personnage de Deadpool cette fois-ci. La vidéo fait le buzz sur le net et le projet est relancé avec l’appui du public et des fans. C’est ainsi qu’après une campagne de pub pour le moins réussie , un film Deadpool sort sur nos écrans. Alors qu’en est-il ?

Autant le dire clairement , Deadpool n’est pas le film subversif annoncé. Car derrière les blagues crues et l’ultra-violence, se cache une structure des plus classiques que n’aurait pas renié Marvel Studios. Certes l’ « origin story  » est racontée d’une manière légèrement inhabituelle en l’alternant avec la première scène d’action du film qui s’étire donc sur 45 minutes, mais c’est plus par manque de moyens que par ambition artistique. Pareil pour le personnage de Vanessa, la petite amie de Deadpool qui étant d’abord présenté comme un personnage indépendant , osé et piquant , et qui est transformée dans l’acte final en  demoiselle en détresse typique.

Mais Deadpool n’est pas un mauvais film pour autant, il reste très drôle pour peu qu’on est client de ce genre d’humour (très ) en dessous de la ceinture, et Ryan Reynolds est impliqué à 200 % dans son rôle ce qui fait toute la différence. La première scène d’action est vraiment une réussite ( ainsi que le générique d’intro) et les quelques scènes gores sont jouissives ( le clin d’oeil à 127 heures) enfin les quelques petites piques adressés à la saga X-men sont elles aussi très drôles et font l’état d’une véritable compréhension des capacités du personnage à briser le quatrième mur même au cinéma.

En définitive le film Deadpool  est un film fidèle à l’esprit du personnage, fun et grossier, et a le mérite de nous montrer une autre facette de l’univers X-men au cinéma, une facette plus légère et décomplexée. Mais accumuler les blagues débiles autour du sexe ne rend pas un film subversif, on a ici affaire à de la subversion préfabriquée et affichée plus comme un argument marketing que comme une vraie volonté artistique , il est loin le temps de Starship Troopers.

En complément de cet article  j’ai aussi écrit dans mon blog un autre article centré sur la communication du film Deadpool :

http://histoiredessuperherosaucinema.blog4ever.com/la-communication-du-film-deadpool

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