Digression Imaginaire Généralisée

DIG

N’avez-vous jamais rêvé de vivre dans un monde sans libre arbitre ? Sans choix, sans questions existentielles ? Un monde où l’on choisit à votre place ? Soyez honnêtes, la liberté c’est surfait. Et devinez quoi ? C’est exactement ce que nous propose DIG CORP dans son second numéro, le -1. Plongez dans DIGVille, métropole étouffante, et goûtez à sa folie douce amère.

Dystopie

A travers onze histoires courtes, les auteurs nous présentent les différentes facettes de leur ville oppressante. Un thème récurrent est commun à ces onze chroniques, le déclin. Ici, pas d’espoir, pas de rayon de lumière, pas de porte de sortie. Coincé dans la métropole de votre naissance à votre mort (voire après…), DIG représente une dystopie absolue, mais pas comme les autres. L’atmosphère est sombre, mais poétique et ne manque pas de faire appel à l’humour noir. On trouve au sein du collectif différents styles de narration, allant du muet aux faux articles journalistiques en passant par le récit structuré en zigzag sur une double page. Ces variations renforcent l’idée de chroniques autour de mêmes thèmes, dans la même ville imaginaire. Les histoires se croisent entre elles et on trouve entre chacune des tracts de propagande, des publicités et autres documents utilisés pour insister sur l’immersion du lecteur. Système fréquemment utilisé dans les dystopies, cet aspect rappelle vite d’autres œuvres comme le jeu Bioshock par exemple.

Sombre et poétique

A l’instar des styles narratifs, chaque histoire est dessinée et colorisée de façon différente. Certains dessins ne sont pas sans rappeler les graphismes liés aux films de Tim Burton. La majorité des récits étant en noir et blanc, le peu de couleur utilisée reste dans les tons sombres. Une histoire cependant fait exception. Peinte en intégralité dans des tons plutôt chauds, elle saisit tous les aspects angoissants, déshumanisants de DIGVille afin d’appuyer le sentiment de désespoir ambiant. De plus, la poésie dégagée par ces chroniques évoque parfois d’autres références, notamment cinématographiques comme le duo Jeunet/Caro, derrière l’excellent La Cité des Enfants Perdus, ou encore Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel magistral. Ici, la désillusion et le déclin ne sont jamais violents mais apportés doucement dans cet univers fantaisiste, un peu à la façon de Boris Vian dans l’Ecume des Jours.

En bref

Découvert au festival BD en Chinonais (37) en 2013, DIG m’a intrigué puis séduit. Un seul numéro suffit pour édifier tout un univers, une ville plus exactement. Pénétrez dans DIGVille et laissez les auteurs vous envoûter avec ces contes obscurs et attirants. DIG représente réellement un ouvrage unique dans la production actuelle et certainement l’un des plus captivants.

La série compte aujourd’hui deux numéros et un hors-série. Vous pouvez retrouver tout l’univers DIG sur le site officiel http://digstrip.wix.com/digstrip .

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