Elephantmen tome 1: Jouets de Guerre

Delcourt frappe fort en ce début d’année en publiant le premier tome d’Elephantmen en VF. Crée par Richard Starkings en 2006, cette série est un vrai casse-tête pour s’y lancer en VO. Delcourt à donc la bonne idée de tout publier dans l’ordre chronologique de lecture, et non de publication.
La mini-série « Jouets de Guerre » (War Toys) ne fait pas partie de l’histoire principale mais se déroule avant.

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Au XXIIIème siècle, un scientifique se met en tête de créer des hybrides mi-homme mi-animaux. Aidé par la société MAPPO, le projet parvient finalement à terme. Le premier homme-hippopotame naît dans un complexe top-secret, quelque part en Afrique. Le gouvernement africain commande alors plusieurs centaines de milliers de ces créatures, les Elephantmen. Conditionnés dès la naissance, ils ne vivent que pour tuer, détruire et obéir aux ordres. Allié à une force physique incroyable (puisque de nature animale), ils sont en quelque sorte les soldats parfait.

S’en suit une guerre entre l’Afrique et la Chine. Parallèlement, un virus décime la majeure partie de la population Européenne. C’est dans ce contexte que l’on suit les français Yvette et son frère Gaston, résistants face à un conflit qui à prit le Vieux Continent pour champ de bataille.

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War Toys est avant tout un récit de guerre et de science-fiction. De nombreux parallèles sont établis entre cette guerre et les deux Guerres Mondiales. Comparés aux nazis, les Elephantmen sont rapides, efficaces, frappent vite sans laisser de survivants : c’est la Blitzkrieg. Les combats sont extrêmement violents, personne n’est épargné.

Cette violence est renforcée par les dessins de non pas un, mais plusieurs artistes se succédant : Landrönn, Moritat, Boo Cook et Axel Medellin. Si le niveau est légèrement inégal, le ton reste constant : teintes de gris, poussière et fumée, sang, décors détruit. Tout cela rappelle fortement l’esthétique de films de guerre sur la seconde guerre mondiale tel que « Il faut sauver le soldat Ryan».

Le problème majeur vient surtout des détails. Si les animaux sont relativement bien représentés (voir parfois même d’une façon assez « réaliste »), c’est au niveau des humains que le bat blesse. Des visages simples, parfois brouillons, a tel point qu’on ne distingue pas toujours qui est qui. De même, ce style brouillon rend certains combats et scènes d’actions un peu difficile à comprendre. Mais de manière générale, les dessins contribuent à cette ambiance malsaine, froide et violente, dans un ton presque post-apocalyptique pour les quelques survivants.

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Le scénario sert surtout de grosse introduction à un monde beaucoup plus développé. En effet, la série principale se passe bien après, lorsque la guerre est terminée. Les hybrides se verront ré-introduits dans la société, avec tous les problèmes qui s’en suivent. Ici, on se concentre sur la guerre. Peu de dialogues mais beaucoup de narration et de description de la psychologie des Elephantmen. Ils sont l’arme parfaite, n’ont aucun sentiments, remords ni empathie. Du moins, c’est l’explication qu’en donnent les humains. Les deux protagonistes résistants ne sont finalement qu’un prétexte pour découvrir cet univers.

Quelques questions sont soulevées : ces hybrides ne ressentent-ils vraiment aucune émotion ? Le conditionnement depuis la naissance à-t-il laissé uniquement le côté bestial et meurtrier des deux espèces mélangées ? 

Un premier tome qui se révèle donc une bonne introduction pour les lecteurs français. La série ayant d’excellentes critiques aux Etats-Unis, c’est sans trop d’appréhension que je vais suivre les parutions. Néanmoins, l’histoire peut laisser un peu sur la faim. L’on suit presque uniquement deux personnages humains pas extrêmement charismatiques, et j’aurais aimé découvrir plus en profondeur les hybrides. La quatrième de couverture réserve l’œuvre à un public averti, ce qui est confirmé par les dialogues crus et les scènes violentes.

Je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce premier tome. Une petite quinzaine d’euros pour près de 130 pages, un travail éditorial correct incluant les couvertures originales et la présentation des artistes. Seul détail, on ne sait pas quand paraîtra la suite et on espère que le délais ne sera pas trop long !

DevilPoulet

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