GLverse : la gestion de l’après-Wrath of

Green Lantern  New Guardians 21 : Jordan / Walker

 

Avant le changement d’auteurs sur les séries qui nous occupe dans le présent article, la série New Guardians du GLverse tournait autour de la quête terriblement ennuyeuse du lantern le moins classe du monde, j’ai nommé Kyle Rayner, à la recherche de la synthèse des couleurs, puis se penchait sur les problèmes existentiels (toujours terriblement chiants, vous vous en doutez) d’un white lantern à la puissance démesurée et à l’utilité toute contraire. Et bien rassurez-vous, rien n’a changé ! Les nouveaux gardiens ayant décidé de poser leurs RTT galactiques au pire moment pour le corps (enfin bon, vous commencez à le savoir puisque c’est la troisième fois que je vous en parle), notre ami Kyle se laisse rapidement convaincre par Hal (encore lui!) de servir de chaperon garde du corps pour nos petits amis tout bleu en baroud, un voyage qui le conduira, dans ce premier chapitre, à chasser le requin géant dans l’espace ou à se battre contre un morse bleu anthropomorphisé et philosophe, gardien d’une boule de chair géante provenant d’un un autre univers. Comme cela n’aura pas manqué de faire réagir les plus intuitifs d’entre vous, la lecture de ce numéro laisse une sale impression de mauvais cosmique pensé sous acide, et se paie au passage le luxe de copier les tares de GL #21, à savoir une narration expédiée et peu convaincante. Le personnage de Kyle, quant à lui, est toujours aussi insupportable à mon goût dans son déploiement gonflant du numéro du petit malin. Je ne pense pas trop me mouiller en affirmant que l’envie de lui foutre une claque ou deux vous vienne promptement à l’esprit.

C’est l’artiste Brad Walker (un dessinateur récurrent, notamment, de Actions Comics) qui s’occupe de la partie graphique du titre. Dessinateur pourtant habitué des décors spatiaux, puisqu’on l’a vu à l’œuvre sur des events cosmiques comme War of Kings ou Realm of Kings, il nous livre ici un travail en accord avec le scénario : déconcertant. Les vues spatiales sont par exemple constituées d’un fond noir uniforme ponctué ça et là de tâches et de petits symboles blancs censés figurer les étoiles, mais qui rappellent plutôt des flocons, d’où un certain sentiment de confusion sur la majorité des pages. Cet aspect bordélique n’est pas vraiment guéri par l’élargissement des plans qui met en lumière d’importantes incohérences dans le trait : placement de planètes hasardeux et anarchique, brumes rouges à l’origine incertaine, saturation de vaisseaux aux design très inégaux, présence dans les coins d’objets flottants difficile à identifier… Le design de Kyle est raté : de la majesté que pouvait avoir Sinestro en white lantern au cours de Blackest Night, on passe ici à un avorton grisâtre dont le bas du costume moule de manière particulièrement déstabilisante les parties. On s’en serait passé volontiers.GL 3

Au final, on ne peut pas réellement dire que le tournant des numéros 21 ait réellement procédé à une remise en cause de la qualité du titre New Guardians : le lecteur tombe de Charybde en Scylla, baladé entre deux séries aussi mauvaises l’une que l’autre mais pour des raisons différentes. Il est toutefois dommage de constater la piètre performance du numéro en regard du plot de base qu’elle propose, car le principe du voyage à travers l’univers ou les mondes est un principe absolument génial qui a le mérite, quand il est bien mené, de proposer un dépaysement constant au lecteur qui ne peut jamais vraiment saisir les règles en mouvance perpétuelle, comme dans le cas de l’excellente série franco-belge Le vagabond des limbes. La déception est peut-être d’ailleurs d’autant plus cruelle qu’elle s’accompagne de ce sentiment de gâchis qui nous fait nous demander : « et si seulement ? ».

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