Infinity

infinity_1_cover-tease Jonathan Hickman est l’un des plus grands architectes de cette « génération » et on ne le dira jamais assez. Cet homme en quelques années a réussi à écrire ce qui s’est fait de mieux chez Marvel (et du bon en indé aussi) avec de très bons titres comme son run sur les Fantastic Four & Futures Foundation qui resteront dans l’histoire de cette team comme faisant parti des plus grands arcs les concernant aux coté de celui de Byrne par exemple. Hickman a aussi œuvré avec talent sur des séries comme Secret Warriors en offrant aux lecteurs un titre d’une intelligence rare pour les années 2000 (du moins chez Marvel). Secret Warriors fait lui aussi parti des titres indispensables pour tout lecteur de comics. C’est aussi pendant cette période qu’il a sorti la série SHIELD explorant le passé de l’agence et dévoilant des secrets  qui pourrait causer un anévrisme aux lecteurs habitués à lire du Finch ou du New 52 (c’était gratuit et je le revendique). Une de ses dernières séries en Indé « God is Dead » est très décriée mais fait parti de mes coups de cœur de 2014 tant par son insolence que les idées complètement folles qui sont développées dans l’histoire. Oui le pitch reste stupide et on se demande parfois ce qu’il peut bien se passer mais au final ce titre est la tranche de rigolade un peu honteuse arrivant tous les mois.

Lors du relaunch Marvel Now, Hickman a pris la tête des séries Avengers et New Avengers. Le ton était donné dès le début de la série, on avait affaire à des séries cosmiques et l’histoire partait dans des directions que les fans n’attendaient pas (notamment à cause de la période Bendis plutôt médiocre avant qu’il aille détruire l’histoire des X-Men mais c’est une autre histoire). Puis arriva Infinity, un event liant Avengers et New Avengers qui provoqua de vives réactions de la part des fans. Le crossover était soit adoré soit complètement détesté. Mais qu’en est-il vraiment ? Hickman a-t-il voulu faire trop compliqué quitte à perdre le lecteur en route ou bien a-t-il réussi son pari qui était de proposer quelque chose qui était à la fois épique et intelligent ?

Petite précision, cet event s’inscrit dans la continuité DIRECTE des séries Avengers/New Avengers, il est donc vivement conseillé de les lire.

Une seconde chose, je m’efforcerais à faire le moins de spoilers possibles mais il est normal que pour un event aussi massif certains éléments nécessaires au développement de la critique (mineurs toutefois) soient dévoilés. Infinity se divise en 2 grands axes (3 comics étaient à lire en VO : Avengers, New Avengers et la maxi principale Infinity). Le premier s’articule autour du combat livré par Captain America, Thor, Captain Marvel et d’autres vengeurs contre les Builders. Pour réussir à contrer cette menace qui pèse à la fois sur la Terre mais aussi sur le reste de l’univers ils devront s’allier avec différentes races extra-terrestres dont les Krees, Skrulls et les Sh’iars.

Pendant ce temps Thanos a fait son grand retour après avoir été informé du départ des vengeurs de la Terre et a décidé d’attaquer la planète à l’aide de ses différents hérauts. Restent les Illuminatis et Black Bolt pour défendre la Terre face à une armée qui ne reculera devant rien pour accomplir les sombres desseins de leur maître.

Hickman nous livre un arc dont les deux principaux titres sont complémentaires mais aussi très différents. D’un coté nous avons cette grande guerre galactique dont la dimension épique n’aurait pas à rougir face aux films de Space Opera tout en restant assez intelligente pour ne pas prendre le lecteur pour un idiot, chose rare dans le monde des comics que ce soit chez Marvel ou DC. Nous n’avons effectivement pas affaire à une simple guerre humains-aliens mais bien à une alliance forcée de plusieurs races. On constatera d’ailleurs que les humains ne sont pas le centre de cette guerre. Bien entendu ils restent les héros de la série et doivent donc briller aux moments clés de la bataille (cela reste un comic-book « mainstream » après tout) mais au moins Hickman se concentre aussi sur des personnages non-héros ainsi que sur les victimes collatérales de cette guerre. La résolution de ce conflit et ses conséquences est  là aussi une des trouvailles de Hickman qui montre encore une fois tout son talent lorsqu’il s’agit de gros développements d’intrigues. 07-infinty-avengers-arthur-adams La partie sur Terre est elle aussi très bonne. La défense de la planète est extrêmement bien mise en scène et la violence qui se dégage des différents combats retranscrit la difficulté à laquelle font face les héros restants sur Terre. Ces différentes batailles rappellent celle se déroulant  lors de la période Superman/Batman alors que Darkseid tentait d’envahir Themiscyra pour capturer Supergirl (je parle bien entendu de DC). Les héros sont forcés de faire face à une situation désespérée de devenir beaucoup plus violents qu’ils le sont généralement (du moins pour certains). Mais la comparaison s’arrête ici puisque tout le reste est différent aussi bien au niveau du thème que de la résolution du conflit.

Autre chose appréciable, les combats ne sont pas la plus grande partie de cette event et l’histoire arrive à ne pas traîner en longueur. On va découvrir les différentes raisons qui ont poussé Thanos à revenir attaquer la planète et ces raisons sont très loin du classique « moi Thanos, méchant donc j’attaque la Terre ». Non, tout ceci est plus profond et cache une véritable sous-intrigue qui aura au final de grosses conséquences sur l’univers Marvel. Impliquer les Inhumans pour nous offrir une vraie seconde histoire avec un développement complet d’intrigue au sein même de l’event était une idée intéressante que Hickman a réussi à maîtriser jusqu’au bout. La résolution du conflit est là aussi bien trouvée et titillera la fibre nostalgique de certains fans.

Je n’ai pas parlé de la partie graphique car c’est toujours un exercice difficile que de parler de l’aspect graphique mais on peut dire que Jim Cheung, Jerome Opeña et Dustin Weaver livrent un travail à la hauteur du scénario. Tout est épique et grandiose, bref ce qu’on demande à un event comme ça.

Vous l’aurez compris, Infinity est une réussite et Hickman nous livre encore une fois un event d’une intelligence rare qui surclasse tous les crossovers sortis chez Marvel depuis plusieurs années. L’event est généreux : que vous aimiez les conflits spatiaux, les combats terrestres mettant en scène des héros surpuissants aux prises avec des vilains de force égale ou supérieure ou bien les intrigues secrètes, vous trouverez votre compte. Avec Infinity, Hickman nous prouve encore une fois qu’il est l’un des auteurs les plus talentueux restants chez Marvel, n’en déplaise aux lecteurs n’ayant jamais pris soin de lire autre chose que du comic-book pop-corn moyennement intelligent et qui crachent sur un auteur qui ne ment pas sur le contenu de son event (The Trial of Jean Grey me restera très longtemps en travers de la gorge).

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