Judge Dredd : Year One #1

En bon produit de consommation pour jeunes adultes dont l’idiotie n’a d’égale que l’asociabilité, le comics flirte souvent avec le badass histoire d’attirer du lecteur en quête de figures masculines fortes (c’est le moins qu’on puisse dire), que l’on pense à l’équipe de malfaiteurs qui ont fondé Image dans les années 90 ou à des merveilles de post-modernisme (on déconne) comme la série TDK du New 52.


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Mais le bon badass, celui qui procure un délicieux sentiment de rire, de kitsch et de jouissance mêlés devant sa violence débridée et pas toujours justifiée, cela existe, et les équipes successives de 2000 A.D., le célèbre magazine de comics SF britannique, font ça très bien depuis 77 sur des titres comme Flesh, ABC warriors ou encore Judge Dredd. C’est justement de ce dernier héros que l’on va parler à l’occasion de la sortie hier du #1 d’une nouvelle mini-série, Judge Dredd : Year One, scénarisée par Matt Smith et dessinée par Simon Coleby.

Pour les lecteurs peu habitués à l’univers de Judge Dredd (honte à eux, et on les encourage à corriger ça le plus rapidement possible), on résume rapidement : Il règne à Mega-City One, une mégapole tentaculaire et futuriste caractérisée principalement par son taux de criminalité exceptionnel, un mode de justice assez particulier où les judges, des justiciers du futur armés jusqu’aux dents, cumulent sur le terrain les fonctions de juges, de policiers et surtout de bourreaux. Voilà pour la contextualisation sommaire. Le propos de la série, confiée pour l’écriture à l’éditeur du magazine en personne, est assez simple : l’auteur nous convie à un petit voyage temporel pour suivre les patrouilles du jeune juge Dredd, environ un an après sa sortie de l’académie de Mega-City One. L’issue est plutôt bien rythmée entre patrouilles survitaminées du héros, qui garantissent au titre sa dose d’action indispensable (la scène de la poursuite par exemple déménage bien), et émergence mystérieuse de pouvoirs chez plusieurs jeunes gens qui permet de construire une intrigue vers les futurs numéros. On sent chez Smith, bien que peu accoutumé au travail de création en tant qu’éditeur, une très bonne connaissance de l’univers et on retrouve avec plaisir les éléments emblématiques de la série anglaise : les motos géantes, les gros calibres, la psi-division…jd 2

Au crayon et à l’encrage, c’est encore une fois un vieux briscard du magazine, Simon Coleby, qui assure le boulot, puisqu’on l’a vu notamment sur Judge Dredd, Rogue Trooper ou sur Sinister Dexter. Comme à son habitude sur ces titres, il fournit un trait agréable et dynamique et nous fait véritablement voyager depuis les ruelles sordides peuplées de punks crasseux jusqu’aux tours toujours très aériennes de l’administration des juges. Habitué de la série, il ne révolutionne probablement pas grand chose dans le character design mais constitue une réelle valeur sûre de fait. Ça coincera peut-être au niveau des plus opiniâtres, encore que, mais le néophyte découvrira, on espère avec plaisir, la bonne vieille combi et les épaulettes ultra rembourrées. Badass, on vous dit. La colo suit une logique comparable, assez sobre pour bien coller à la série, les bonnes couleurs se détachent aux bons moments, classique et adaptée, rien à redire de ce côté là. Deux covers sont disponibles : la regular de Greg Staples se partage entre un arrière plan superbe du trafic aérien de la ville et une pose ultra classe de Dredd sur sa bécane, la variant par Ezquerra, co-créateur du personnage, nous montre un gros Dredd tout en muscle. A réserver de préférence aux amateurs de la première série, les nouveaux arrivants ne goûtant pas forcément au charme un peu désuet du gros bourrin qu’on leur présente. Mais après tout, c’est aussi ce qu’on aime sur ce genre de titres.

Judge Dredd : Year One 1 constitue donc un bon début de mini, ni trop mou, ni trop con, qui convient aussi bien à un débutant voulant se lancer dans le perso qu’à un amateur du plus cool des magazines britanniques cherchant sa dose. A voir donc, si la série parvient à continuer sur ce premier bon jet. On paye pour voir, et n’oubliez pas : « FREEZE, CREEP ! »

Simon
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