Le Coq Gaulois #1

Aujourd’hui sur CC, on délaisse un moment nos amis d’outre-atlantique pour vous parlez de l’un des titres phares d’une boite bien de chez nous : Le Coq Gaulois, publié par la petite mais dynamique entreprise Galaxy comics. Dans cette série, scénarisée et dessinée par Pascal Pelletier, le fondateur de la boite, le lecteur suit les aventures de Marcus Dickson, un militaire franco-américain qui, traumatisé par la perte de ses proches durant le 11 septembre, craque nerveusement avant de finir interné puis transformé en super-soldat par le gouvernement. Le coq gaulois est né.1

Dans ce premier numéro du magazine, la série se découpe entre deux timelines différentes : la première, que l’on retrouve en ouverture et en fermeture du numéro, nous fait voir un Marcus en costume qui mène différentes missions, toutes intégrées à un contexte géopolitique moderne voire même ultra-contemporain, puisque que l’on assiste par exemple à la mort de Oussama Ben Laden ou à l’intervention du Coq durant l’opération Serval au Mali. La seconde, enchâssée dans la première, permet au lecteur de découvrir à travers différents tableaux flash-back d’une page chacun des moments clés de la vie de Dickson qui le poussent à devenir le Coq : ces passages mettent en scène des éléments aussi divers que la mort de la famille du héros, ses différentes missions pour l’armée française ou encore son internement. On a donc affaire, au cours de ce premier numéro, à une narration résolument introductive, qui s’attache à fournir un background complet à son personnage principal. L’auteur du comic, Pascal Pelletier, nourrit sa série de sa propre expérience de militaire : ainsi, un véritable souci de réalisme et de détail se retrouve dans la mise en scène des opérations militaires, par exemple dans le référencement des équipements (il est fait mention des hélicoptères NH 90, des grenades à fusil APAV 40…etc). Les amateurs de comics de guerre y trouveront assurément leur compte, d’autant que les quelques gunfights présents dans le numéro sont très dynamiques. Les scènes de combat en costume, quant à elles, sont plutôt bien réalisées et rappellent avec succès les vieux Cap’ et autres séries d’aventures du golden age, inspiration claire de l’auteur dans Le Coq Gaulois. Le numéro restant toutefois, on l’a dit, assez introductif, il convient de lire la suite pour voir plus longuement le Coq en action. L’auteur nous livre donc, avec cette série, une bonne série mi-militaire mi-héroïque qui emprunte avec un certain doigté les codes de la BD américaine et européenne. Attention toutefois, la série est, comme je l’ai précisé, située dans une actualité très chaude, le Coq est un héros défenseur intransigeant des valeurs républicaines et il découle du tout une orientation patriote et militariste très forte dans l’écriture. Même si ça ne m’a pas personnellement dérangé, dans le sens où cette caractérisation est logique par rapport au statut du personnage, elle pourra gêner certains lecteurs peu habitués à une telle politisation d’un héros. Vous êtes prévenus.3

Les dessins, pour leur part, suivent une logique similaire à celle du scénario dans le sens où l’on retrouve dedans les traits principaux de l’écriture, à savoir un soin tout particulier apporté à la représentation des armes et autres véhicules et un esprit de synthèse entre des influences BD et une mise en scène plus propre aux comics. Cette dernière est d’ailleurs très réussie dans les scènes de combats à mains nues où l’on peut voir le Coq bondir à travers une fenêtre, sauter à un câble ou s’envoler à moto dans le plus pur style Steve McQueen / Captain America. Globalement, l’aspect graphique du titre est très correct, détaillé mais avec un côté un peu croquis du fait du crayonnage assez libre et apparent. L’encrage est appuyé et donne un côté sombre au comic qui est agréablement contrebalancé par une colo avec des teintes forte, conférant au tout un aspect un peu pulp, rétro auquel j’ai été sensible. L’intégration, sur certaines cases, de la technique du point à la Kirby ne fait que renforcer cette impression. Le trait peut paraître un peu brouillon parfois, mais personnellement j’ai accroché.2

En définitive, Le Coq Gaulois est une bonne série, avec de l’action, et qui mérite réellement son titre de « french comics » dans le sens où Pascal Pelletier essaie concrètement de lier les codes de la BD US dont on est tous fan et d’une tradition que l’on partage. En ce sens, c’est une réussite. Reste l’aspect ouvertement politique du titre, qui pourra gêner ou pas le cas échéant, mais ce serait dommage de s’empêcher d’essayer le titre pour ça. On a pas tant de bonnes tentatives dans ce registre, et quand quelqu’un essaie d’entreprendre en France, dans ce domaine comme dans un autre, je pense que c’est important de soutenir.

Simon

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