Le rayon frais

Il arrive épisodiquement que l’on se sente un peu blasé face au super tête de série chez les gros éditeurs, pour des raisons pouvant être diverses : errance de la comm’ chez DC qui a manqué le coche en mettant Trinity en avant, l’exaspération du lecteur ayant été ensuite magnifiée par un villain’s month coûteux et inutile, multiplication de titres pseudo « dark » chez Image pour faire mouiller le lecteur sur une vision éculée depuis les années 90 de l’anti-héros violent (coucou le Millarworld), stratégie commerciale de l’event chez Marvel qui n’a même plus la décence de se cacher…Dans ce marasme littéraire ambiant (n’ayons pas peur de l’exagération), on peut être tenté de se replier vers du bon comic indé en attendant que passe la crise, que revienne le goût pour les séries des Big Two. Toutefois, je considère qu’il serait maladroit et abusif de se débarrasser de tout DC (en y incluant Vertigo), de tout Marvel et de l’ensemble d’Image si l’on considère le nombre de séries moins bankables, moins connues mais particulièrement intéressantes et surtout très fraîches que les éditeurs ont à offrir. C’est de plusieurs de ces séries (la liste n’étant évidemment pas exhaustive), que j’ai sélectionné parmi les publications les plus récentes disponibles, en me bornant à choisir des titres ayant moins de 5 ou 6 issues sorties, que j’ai souhaité vous parler aujourd’hui. En piste !

Green team : Art Baltazar & Franco (W) Ig Guara (A)
 

A tout seigneur tout honneur, je commence d’abord par évoquer la nouvelle série Green Team du New 52, débutée fin mai dernier chez DC, qui constitue par ailleurs un de mes coups de cœur pour l’éditeur de l’année. Le principe de base de la série, qui fait furieusement penser à un de ces géniaux dessins animés des années 90 que tout bon gosse de l’époque a suivi avec passion, est assez simple : il met en scène une bande de jeunes milliardaires bien décidés à employer leurs moyens pécuniaires conséquents pour se payer de quoi pouvoir lutter face au crime. Haute technologie, gadgets de héros récupérés et confiance inébranlable de la jeunesse forment un cocktail explosif et jouissif qui vous mènera tout comme les personnages vivre un voyage exubérant, dynamique et luxueux d’aventures. La série se paye même le luxe au détour d’une issue de présenter la meilleure interprétation de Deathstroke que l’on a pu voir depuis la bonne époque des Teen Titans ! En bref, une excellente série qui marque pour moi le renouveau du genre de la teen série : indispensable pour les amateurs.green team

The superior foes of Spider-man : Nick Spencer (W) Steve Lieber (A)
 

Mon fort antagonisme à la série Superior Spider-man n’étant un secret pour personne, ce choix de série peut surprendre de prime abord, et je dois bien avouer que j’ai eu quelques difficultés à sauter le pas avant de tenter la lecture. Quelle erreur ! Dans ce titre à l’humour omniprésent, Nick Spencer nous invite à découvrir de l’intérieur l’histoire des nouveaux Sinister Six (qui ne sont que cinq par ailleurs, mais tirent une grande fierté du « mystère » que suscite ce problème) par le biais d’un traitement que l’on pourrait presque qualifier de tranches de vie tant l’action est réduite pour laisser place aux hilarantes et délicieuses interactions entre les différents protagonistes, dont le statut de losers suprêmes est pour beaucoup dans le potentiel comique de la série. Les personnages sont très drôles et rappellent un peu les types que l’on peut voir au cinéma anglais notamment dans la comédie de gangsters façon Guy Ritchie. Si le fait de se focaliser sur une bande de criminels losers n’a rien d’extrêmement novateur en soi, le scénariste se distingue grâce à une présentation toujours efficace et originale de situations plus loufoques les unes que les autres. On a affaire ici, de mon point de vue, à LA série humoristique de chez Marvel du moment.superior foes

Larfleeze : Keith Giffen & J.M. DeMatteis (W) Scott Kolins (A)
 

Bien que j’ai déjà évoqué la nouvelle série Larfleeze du New 52 en effectuant la review du #1 après le départ de Johns sur GL, je souhaitais en reparler pour confirmer et préciser l’excellent sentiment qu’elle m’avait laissé dès son premier numéro. Détachée de l’intrigue du reste du GLverse (et on ne s’en plaindra pas), la fine équipe Giffen au plot et DeMatteis aux dialogues nous fait nous envoler à travers l’espace avec un Larfleeze toujours plus fou et Stargrave, son majordome pince-sans-rire, jusqu’au point le plus reculé de la création où ils ne rencontreront rien de moins que des dieux incestueux et violents d’une autre dimension venus coloniser notre univers…La véritable force de cette série, que tout le monde n’appréciera pas toutefois, est l’alliance d’un humour absurde et outrancier incarné par le côté too-much de Larfleeze qui vient se briser contre le mur austère qu’est Stargrave, le tout transposé avec brio dans les cadres les plus délirants. Je conseille vivement la lecture de cette série dans le sens où elle apporte une magistrale leçon de dialogue, menée par un DeMatteis au top, qui fait oublier tout le reste. Un comics que je qualifierais sans crainte de comic « à texte », ou pour rendre hommage à l’humour et à l’auto-dérision de ses auteurs : « it’s a crazy cosmic mayhem (and a touch of neo-vaudeville) ».larfleeze

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