Superman: The Coming of the Supermen

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DC avait annoncé le retour du très grand Neal Adams sur une nouvelle mini-série mettant en scène l’alter-égo de Clark Kent et j’étais bien entendu excité mais j’avais aussi un peu d’appréhension quant-au résultat.
J’ai eu la chance depuis de pouvoir l’interviewer pour qu’il nous parle un peu plus de cette mini et nous avons discuté de l’image qu’il a de Superman. Je vous invite à jeter un œil à cet entretien si vous ne l’avez pas déjà fait:  http://comics-corps.fr/neal-adams-linterview/
Le numéro #1 de Superman : The Coming of the Supermen est donc sorti et il est temps de voir ce que ça vaut !

Dans cette mini série en 6 numéros les Paradémons de Darkseid envahissent une nouvelle fois la Terre sous le commandement de Kalibak, le premier fils du maître d’Apokolips. Mais à la surprise générale ce n’est pas Superman qui va tenter de les repousser mais 3 inconnus portant le même costume et qui semblent avoir les même pouvoirs. Ils n’ont malgré tout pas la même maîtrise de leurs dons que peut avoir Superman et vont donc avoir un peu plus de difficulté pour tenir tête à leurs adversaires.
Pendant ce temps Lois Lane qui est présentatrice du journal télévisé du Daily Planet se demande où est notre Superman et pourquoi il n’intervient pas. On apprend très vite qu’il est en fait au Moyen-Orient (on devine que l’action se situe en Syrie) où il tente de sauver la population locale d’un conflit armé en cours. C’est au cours de cette tentative qu’il va faire la connaissance d’un jeune garçon nommé Rafi avec lequel il va très vite être lié sans avoir réellement son mot à dire.
Superman va finir par faire la rencontre des trois Supermen qui continuent à combattrent Kalibak et son armée pour au final amener à un des cliffhanger les plus perchés de ces 10 dernières années et que je vous laisse le plaisir de découvrir tellement l’idée est folle.

Superman : The Coming of the Supermen #1 n’est pas un comics de son époque. Rien dans ce premier numéro ne laisse supposer qu’il a été écrit de nos jours et que le DC Comics d’aujourd’hui l’ai publié. En effet tout ici est old school. La première rencontre entre la Terre et certains habitants de Kandor, le fait que Apokolyps ai attaqué la Terre qu’une fois ou bien encore le style vestimentaire des personnages nous confortent dans l’idée que nous sommes bien dans les 70/ première moitié des années 80. Le twist de fin quant-à lui nous plonge même dans les années 60 en nous rappelant les pires ou meilleures heures du Silver Age et de ses histoires absolument loufoques.
Lex Luthor est aussi présent dans ce numéro et il nous offre ici une prestation digne du dessin animé Superman des années 90 ; c’est un régal même si c’est plutôt rapide (nul doute qu’on le reverra plus tard).

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Avec en prime le t-shirt Superman pour rendre la scène encore plus bienveillante

Et c’est justement là tout l’intérêt de ce premier numéro. Neal Adams nous livre ici nous pas une énième histoire de Superman mais bien un hommage à tout ce qui caractérisait l’homme d’acier par le passé. L’auteur joue à fond sur la nostalgie en nous présentant un Superman rétro qui ne peut pas faire d’erreurs, qui est beau jusqu’à la caricature et qui est souriant quelque soit les circonstances. Il est l’homme américain parfait tel qu’on pouvait le rêver des décennies en arrière. Le produit d’une époque révolue et d’un idéal qui a explosé dans la seconde moitié des années 80 avec l’arrivée d’auteurs comme Alan Moore et Frank Miller chez DC qui ont fait voler en éclat cette innocence qui caractérisait les héros DC de cette époque. On sent dans ici que Adams regrette ce Superman et lui rend un dernier hommage pour faire plaisir à la fois aux fans mais aussi à lui même.

Certains trouveront que cette histoire est trop pleine de bons sentiments avec un Superman qui aime tout le monde, qui répugne la guerre et une diversité accentuée que l’on retrouve chez les Supermen de Kandor mais après tout, n’est ce pas ce que Superman représente ? L’acceptation de tous, la bonté et le fait qu’il soit inflexible face à ceux qui menace plus faibles que soit ? Quelle différence y a t-il entre cette mini série et For All Seasons (qui est ma mini-série préférée sur l’homme d’acier) ou bien encore All Star Superman qui sont aujourd’hui acclamés ? À l’heure où les héros sont de plus en plus sombres et presque meurtriers il est au contraire sain de se voir proposer une vision du personnage un peu plus lumineuse. C’est pour cela que que ce récit est important à notre époque.
Il est normal que les héros et le monde des comics dans sa globalité change, c’est une évidence. Mais il est aussi bon d’avoir un héros plus classique et proche de ce qu’il était autrefois. C’est pourquoi il est important d’avoir ce type d’histoire sur Superman en plus de toutes les nouveautés.

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Coté graphique, Neal Adams nous offre une esthétique qui nous plonge directement dans le passé avec un code vestimentaire ou des designs de personnages tout droit sortis de la période Disco. Les gros plans sur les personnages que ce soit Superman ou les arrivants de Kandor sont globalement réussis et nous montrent la prestance de tous ces héros.
Les dessins sont en revanche un peu brouillons lorsque les héros sont en action ou lorsqu’ils sont un peu plus éloignés dans l’espace. Cela reste malgré tout lisible et la coloration est très bonne.

Vous l’aurez compris, Superman : The Coming of the Supermen est un indispensable pour ceux qui aiment le Superman rétro et les fans de Neal Adams. On retrouve tout ce qui faisait la grandeur du personnage et aussi de l’auteur qui nous revient en pleine forme en 2016 !

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