The New 52: Futures End #0 et #1

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Cela risque d’en étonner certains mais je n’aime pas ce que fait DC en ce moment en termes de comics, et si vous ne le saviez pas je vous invite à lire cet édito. Trinity War s’est payé le luxe d’être un event très moyen qui s’est terminé sur une des plus grosses blagues de ces quatre dernières années, Forever Evil ne relevait pas le niveau aussi bien du point de vue graphique que scénaristique et malgré toutes les protestations que beaucoup feront Batman Zero Year n’est pas bon.

Alors quand DC a annoncé la création d’un nouvel event qui se déroulerait sur un an en hebdomadaire (qui aurait donc une cinquantaine de numéros) j’ai eu très peur. En, effet « Futures End » laisse présager un bond dans le temps ou des voyages temporels et il faut rappeler que le dernier chez DC nous a amené au new 52. On ne peut d’ailleurs pas dire que c’était mieux chez Marvel puisque l’on se souvient encore d’Age of Ultron qui était une calamité. La deuxième chose qui me faisait douter était la présence d’Azzarello qui a détruit le mythe Wonder Woman, Dan Jurgens qui lui a en partie commit Green Arrow New 52 et Jeff Lemire dont la dernière victime fut Constantine.
Mais parfois un à-priori peu se révéler faux. On peut avoir un avis négatif avant même de commencer un comics qui se révèlera être totalement faux après lecture. Est-ce le cas avec les deux premiers numéros  de Futures End ?
La réponse est non et voyons tout de suite pourquoi.

/!\ Cette critique parlera des numéros #0 (offert pendant le FCBD) et le numéro #1 et contiendra quelques spoilers nécessaires pour avoir un bon argumentaire dans cette critique /!\.

Nous sommes 35 ans dans le futur et des extra-terrestres envahissent la planète en prenant le contrôle des êtres humains par la « possession ». Les héros ont tentés de combattre ces envahisseurs mais semblent avoir échoués. Le numéro commence alors que des héros dont flash et Batman (de la saga Beyond) combattent des robots araignées ayant assimilé des héros tombés au combat (vous avez dit les borgs ?). Alors que la situation semble perdue, Bruce Wayne envoi Terry dans le passé pour tenter d’empêcher le massacre. Malheureusement il arrive 5 ans trop tard et l’invasion a déjà commencée.

Le premier numéro commence alors que Terry est arrivé à notre époque + 5 ans. Mais le numéro se concentre surtout sur Firestorm et l’équipe Stormwatch qui doivent faire face à cette menace venue de l’espace. On alterne donc entre les 3 dans un numéro qui fait la part belle à l’action débridée, gore et impitoyable.

Avant de parler du numéro 0 il est important de préciser que cette mise en bouche est sortie pour le Free Comic Books Day. Pourquoi est-ce si important ? Car le principe de cette journée est de faire découvrir le monde des comics à des néophytes. Un enfant qui a vu un film ou un des nombreux dessins-animés va parfois vouloir commencer les comics (il suffit de regarder sur les forums où l’on peut voir des dizaines de demandes d’aides). Cette journée est donc l’occasion pour eux de lire les aventures de leurs héros « préférés » accompagnés ou non de leurs parents. Et (en tout cas aux USA) ce Futures End #0 était en bundle avec le comic-book gratuit Teen Titans GO! De façon à ce que le client prenne les deux. Le principe pourrait être sympathique surtout quand on voit que la cover de ce prologue à Futures End  mets en scène Batman Beyond un dessin animé Batman pour enfants qui passait le samedi. Tout nous pousse à croire que ce comic pourrait nous donner de l’action tout en étant « family friendly », du moins jusqu’à la seconde page où l’horreur commence.

Amenez vos enfants au comic-shop et traumatisez-les à vie !

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Dès la deuxième page on découvre un robot araignée géant sur lequel a été greffé le buste de Wonder Woman dont le visage a été à moitié robotisé. On parle donc d’une assimilation et d’une mutilation du cadavre d’une des héroïnes majeures de l’univers DC. Avec toutes les polémiques sur le sexisme on peut facilement se douter que ça ne va pas aider la réputation de DC. Cependant ce n’est pas le traitement le plus horrible que DC ai réservé à une de ses héroïnes. Seulement 2 pages plus tard on découvre que de Black Canary a eu sa tête (décapitée donc) cousue dans le torse du monstre de Frankenstein ; charmant et complètement inutile puisque qu’on ne revoit plus le personnage du numéro (mais au final est-ce un mal ?). Le reste du numéro ne vaut guère mieux puisque tout n’est prétexte qu’à tuer des civils et des héros avec des morts toutes plus gores les unes que les autres. Quoi de mieux pour un gosse qui découvre les comics que de voir des héros se faire atomiser au point que l’on ne voit plus que ses os ? La fin nous amène directement au plot de départ du numéro #1 avec Terry Mcginnis envoyé dans le passé par Bruce Wayne.

Le numéro #1 débute alors que Terry est arrivé dans le passé mais 5 ans trop tard (donc l’invasion a déjà commencée). DC ne semble pas penser aux lecteurs qui n’ont pas participé au FCBD en larguant le lecteur dans une situation déjà commencée sans offrir de page de rappel. On se demande où est passée l’accessibilité des New 52 dont Dan Didio nous vantait les mérites depuis Juillet 2011. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas la pire chose de ce numéro #1, loin de là. En effet ce numéro nous fait suivre 3 groupes  et héros solos en plus de Terry perdu dans le temps avec une des araignées robots macchabée qui va nous amener à une scène de plus graphiquement limite. On suivra tour à tour les héros de la Stormwatch (série annulée par DC sans raison apparente malgré la fanbase qui continuait à l’apprécier), firestorm et Grifter. Les pages de Firestorm sont un moyen pour DC de dire aux fans « fuck vos héros préférés »  avec une page sans ambigüité concernant un héros en particulier mais aussi dans l’écriture même des personnages qui fait passer les deux héros pour deux idiots finis (mais surtout Ronnie Raymond). Mais pour être tout à fait honnête elles ne sont pas si atroces à lire.

Mais revenons surtout sur les pages mettant en scène Grifter car ce sont celles-ci qui me posent réellement problème dans ce numéro.

En effet bien que ce héros soit moralement ambivalent on ne l’a jamais vu commettre des actes que je qualifierais d’atroces (et probablement contre la convention de Genève). Pourtant ici on le voit dans une maison de banlieue (probablement américaine) à la poursuite d’une famille infectée par le fameux mal de cette saga. Le problème est que tout dans ces pages est fait pour nous présenter la famille de la façon la plus humaine possible. On voit un mari et sa femme apeurés (pour la femme du moins) et une gamine courir se réfugier dans sa chambre pendant que Grifter achève la mère de deux balles dans le dos. On voit certes l’enfant se transformer en espèce de vampire aux yeux fluorescents mais la fameuse poursuite nous laissait le doute jusqu’à la toute fin où le « monstre » ne va même pas tenter d’attaquer celui qui lui veut du mal. DC a peut-être cru que ce genre de violence débridée les rendait cool et subversif mais non, le résultat est le total opposé. Cette scène est malsaine et rend la lecture inconfortable. Personne, à part un détraqué, n’a envie de voir une gamine se prendre une balle en pleine tête !

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3 de ces cases nous font penser à un film d’horreur ou une pub de prévention contre la pédophilie

Vous l’aurez comprit, on ne peut rien sauver de ce naufrage qu’est déjà The New 52 : Futures End. La violence gratuite et l’excès de gore sont malsain, le plot est similaire à Age of Ultron qui était déjà une belle purge et DC semble vouloir une fois de plus faire un pied de nez (pour être poli) aux anciens lecteurs. On pourra me dire qu’enterrer une série alors que celle-ci doit avoir 52 numéros est un peu abusé et que je devrais attendre plus de numéros avant déclarer la mort cérébrale de cette série. Mais non, je n’ai pas besoins d’attendre. Tout ici nous montre à quel point DC ne sait plus y faire en matière d’histoire et de développement de personnages ; tout nous montre que DC n’est plus en phase avec ses lecteurs (si on avait seulement besoins de se le faire rappeler) aucun effort n’est fait pour proposer quelque chose avec un minimum de qualité. Comment la série peut-elle s’en sortir en étant hebdomadaire ? Non, décidément Futures End n’a rien pour plaire et risque de très mal finir. On pensait avoir touché le fond avec Forever Evil, et pourtant on se retrouve aujourd’hui avec un des pires event de DC en seulement 2 numéros.

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