Youpi c’est la rentrée !

Iron-man #1

On termine enfin ce tour d’horizon de la première fournée Marvel en évoquant la nouvelle série Iron-man, retitrée Invincible pour l’occasion, avec aux commandes l’inénarrable Brian Michael Bendis servi par son compère de Ultimate, David Marquez. J’ai toujours eu personnellement des sentiments assez mixtes sur le personnage, qui se sont vite mués en un véritable agacement causé par l’énorme hype Downey Jr au ciné, je vous prie par conséquent de croire que le relancement de la série – avec aux manettes un Bendis catatonique n’ayant rien écrit de propre depuis Secret Invasion à peu près – n’était pas là pour me rassurer. Notre chauve préféré au crâne luisant a-t-il enfin passé la première sur un de ses bouquins ?

Spoiler alert : ce n’est pas le cas. Mais reprenons les choses dans l’ordre. Au cours d’un numéro un poil moins léthargique que pour la moyenne de l’auteur mais pas tellement quand même, on assiste aux questions mécano-existentielles d’un Tony méditatif qui contemple sa création, l’armure, et qui semble toujours autant obsédé par son désir de changer le monde. En vis-à-vis de ce questionnement, les bien trop rares phases d’action du titre nous montrent l’infiltration de Madame Masque dans un Doomcastle en ruine pour y procéder à un cambriolage dont les motivations sont encore inconnues du lecteur. Par-delà ce suspens bien trop léger et sans intérêt particulier, d’autant plus si l’on considère qu’il prend place dans un contexte d’après Secret Wars auquel nous n’aurons nous-mêmes accès que dans deux mois, Bendis nous fait voir durant une de ces affreuses et interminables conversations dont il a le secret le jeu de séduction qui se dessine entre son héros et le docteur Amara Perara, une scientifique sri-lankaise qui prétend avoir découvert un remède au gène X. OUI, c’est une réécriture paresseuse et éhontée de tout le background du Dr Kavita Rao que les fidèles de X-Men connaissent bien. Oui, Bendis se fout de notre gueule en se contentant ici dans une issue des plus immobilistes de repomper ce qu’on a déjà lu mille fois chez Marvel, et oui si vous prenez la première issue du Iron-man de Gillen, elle est structurellement identique en tout point à celle-ci. Je pense qu’il est inutile de procéder plus en avant à une description de l’écriture de Bendis qui, comme d’habitude, est plombée par les mêmes tares. Les quelques fans qui lui restent apprécieront cette lecture paralytique, les autres iront voir ailleurs avec consternation.

Invincible Iron Man (2015-) 001-017

Aux dessins, on l’a vu, c’est son compère habituel David Marquez qui tape le boulot avec efficacité technique sinon avec brio. La mise en scène est très cinématographique depuis l’ouverture particulièrement clichée du numéro jusqu’aux poses du personnage en armure directement importées des films : il serait donc abusif de dire qu’elle ne fonctionne pas, mais elle présente l’indéniable défaut de ne montrer aucune recherche graphique particulière par rapport au média comics et de se complaire dans des emprunts de mise en scène plutôt éculés et paresseux. Pas laid mais fade, en résumé, et ce n’est jamais le renfort d’une coloration terne et en retrait qui vient relever le tout, à l’exception d’une ou deux scènes agréablement pétantes et flashy en armure dont le nouveau design, proche de ceux que l’on a pu voir sur Ultimates avec moins de liberté prise pour la conception du casque, marche bien. Les expressions du visage, quant à elles, sont souvent un peu outrancières, mais sont heureusement contrebalancées par une conception photo-réaliste des décors qui, comme le reste, sont agréables mais sans plus.

Je sors donc plutôt indifférent de ma lecture de ce relaunch d’Iron-man, qui a toutefois le potentiel de plaire à un public pas trop exigeant ou attiré par la proximité du numéro avec ce que l’on peut voir du personnage dans le MCU. A acheter pour les amateurs, mais clairement pas un indispensable.

Simon

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